LE BAL DE
L'INTERNAT 1929
par
TAUPIN
.....
En dépit de calmes plats faits d'indifférence, de veulerie, de flemmites : peut-etre même malgré quelques méchants petits vents de malentente,
les Salles de garde de juin 1929 menèrent à bien leurs préparatifs du
Bal traditionnel de l'Internat. Ce fut un Bal très réussi, et il faut
en reporter le mérite à l'énergie et à la bonne grâce du Président Frantz
et de son Comité. Un heureux appoint était constitué aussi par la présence
des Patrons la meilleure des approbations au Bal. A tous seigneurs,
tout honneur. Voici leurs noms pour la postérité :
Devraigne, Heitz-Boyer,
Lapointe, Rouget, Lesné. Ravina,
Nicaud, Et. Bernard.
LE COMITÉ
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Les membres du Comité sont magnifiques, Leur costume fut composé
par A. MARAIT. Ils forment une garde d'honneur de vingt superbes gaillards
d'un rouge rutilant (
fig. 5).
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Leur loge est l'œuvre d'Abou. l'infatigable Abou, auteur déjà de deux autres loges, Saint-Antoine et Fossiles. Sous
sa chicorée noire et derrière ses larges lunettes il y a un sacré cerveau
et une facilité considérable de travail.
Sa
loge du Comité est somptueuse et fort pratique (fig4).
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C'est là, sur une estrade surélevée, que vont se proclamer les
prix de Beauté et les prix de costumes d'hommes et de femmes.
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Disons tout de suite que les prix de Beauté revinrent à Irène.
Louise, Raphaëla.
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Le prix de costume (Hommes) fut décerné à un splendide hussard
de la garde, revenant de campagne. L'argent de ce prix fut offert par Olry.
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Quant aux prix de loges, bannières et défilés, nous les avons
relevés dans le texte.
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Pour tous ces prix, les Patrons ont largement contribué.
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Le sujet du Bal était Les Malades célèbres.
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Le Bal s'ouvre par l'exécution magistrale de l'hymme
de l'Internat, dont la belle musique a été composée par Heitz-Boyer
sur les paroles de l'inoubliable poême de
Jean-Louis l'aure.
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Et maintenant les Patrons passent devant les loges, auxquelles
ils doivent décerner des prix. Puis c'est le grand défilé du Comité,
houle de vingt magnifiques Peaux-Rouges aux casques rayonnants d'or
(Fig. 5). Une Chanson amusante,
qui offre un sacré contraste avec l'Hymne précédent. Oyez :
Si j'te foutais ma pin' dans l'cul,
Prendrais-lu mes couill' pour
des mirabelles ?...
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Puis c'est le défilé des cortèges, suivant l'ordre du programme.
CORTÈGE
DE LA PITIÉ
LA PITIÉ, SALPETRIERE, IVRY
Couleurs
: Pourpre et blanc
Chanson
: Le Plaisir des dieux
Thème :
Néron et les fous célèbres
.....
Néron ! un prototype de ce super-maboul,
atteint de césarite qui savoure ses crimes
dans un bon fromage de Hollande. Néron, lui, pour le moment, va savourer
ingénument sa joie au bal de l'Internat.
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En avant, un groupe de licteurs Leurs faisceaux ne sont pas d'Italie.
Aussi rigides, mais beaucoup plus joyeux, ils sont faits de bons braquemarts
de France se dressant haut devant les vestales. Grand fracas de tubas.
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Puis voilà les Prétoriens. Leur chef, tout poil dehors, est Métereau,
suivi du porte enseigne (Gosset). L'Insigna, l'Aigle impériale, est devenue un très honnête phallus
ailé, soutenu par les noms des hôpitaux s'exposant. Ainsi, en lieu et
place de l'exergue S. P. Q. R., on lit : Pitié. .Salpétrière
et Ivry.
.....
On admire maintenant derrière... d'Ephèbes, gentille jeunesse
frétillant de la croupe. Lemaire se distingue particulièrement par ses
grâces.
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Enfin paraît Néron (Lecœur, de la Salpêtre).
Le César a maigri. Ce qu'il a dû se faire Poppée ! Cette charmante impératrice
est à son côté. Elle attend en splendeur le coup de pied en vache que
lui a foutu Néron en 65. — et non en 69, comme l'enseignent les Pères
de l'Eglise.
.....
Derrière
le char au timon phallique, une foule de courtisans, le favori Lucilius,
l'arbitre des élégances, Pétrone, (Fouquet), etc..
etc., etc. Chahut ! ce sont les gladiateurs,
tous chirurgiens de haut mérite. Encore des Prétoriens, commandés par
R. Thomas, chef éminent, en saoûlographie
surtout. Voyez-le (Fig. 7) : Thomas tenant sa garde.
.....
Défilé très réussi, grâce aux bons soins de l'économe et aux
multiples talents de Métereau.
.....
La loge des trois hôpitaux (fig8) est bien
-sage, d'un dorique calme. Elle semble taillée dans une belle motte...
de beurre frais : c'est gai et appétissant de couleur. Surmontant la
balustrade, des enseignes de victoires, des phallus triomphants. Au-dessus
de la porte, un bon satyre refoule a un bouc
la pitance de la veille. Les deux têtes flanquant la porte sont les
masques de clients de chez Crouzon
Cette loge
fut exécutée par Métereau et Prévost.
BEAUJON,
BRETONNEAU, LES MÉNAGES,
CLAUDE BERNARD,
B1CÊTRE
Couleurs
: Marron et vert.
Chansons:
La Digue du cul.
Thème :
LA COUR DES MIRACLES.
.....
Beaujon fît de grands projets, choisit un beau sujet,
et ne réalisa, semble-t-il qu'une partie de son rève bachique. Le défilé n'est guère idyllique, il n'est pas souvenir des
fastes et des magnificences de l'ancienne Folie-Beaujonc. point de départ de
l'habitat des gars du Beau-Jonc. Loin de là,
c'est le pittoresque crapulisme de la Cour
des miracles au xv siècle.
.....
En avant. la bannière Elle est horrifique. On y contemple un chien crevé,
il est pendu lamentablement, et comme le veut la légende, pendaison
rime avec bandaison. Le cabot offre ainsi à une goulue d'amour un piment
rutilant qu'elle savoure avec dévotion, s'accompagnant d'une brillante
fantaisie sur son bigorneau, Messire Clitoris. Hé ! la meute de cuistres constipés, congelés et pisse-froid, ne ruez pas d'indignation
: nous sommes à la Cour des Miracles, et ces miracles en valent bien
d'autres. Ils sont plus joyeux aussi, — sauf cependant quand il s'agit
de changer de l'eau en vin. Il faut être vulvaire comme l'oncle Jonathan
pour faire le contraire.
.....
Maintenant, voici le pavois. Le chien de la bannière y est remplacé
par Quasimodo (Catalette) et la Esméralda parle la même langue que la ventouseuse du chien. Il y a certainement exagération, la
Esméralda fut compatissante pour le pauvre bossu, mais de là à la lui
faire reluire, c'est trop pompeux.
.....
Cortège abondant de fripouille en loques, promenant d'extraordinaires
cas pathologiques. Un homme squelette (Nichon), un beau clochard (Champeaux)
qui chante la gloire de son énorme phallus ; un troisième phénomène
atteint de morve, fait découler de ses narines un flot ... de mauvaise
humeur. Ah ! l'glaviot! Enfin, ce sont toutes les horreurs artificielles
des faux misérables de la Cour des Miracles de jadis.
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La loge de Beaujon (fig9), exécutée à la dernière heure, est
l'antre de la Cour des Miracles. On y contemple l'araignée qui a hanté
tous les cerveaux des 1a préparation du Bal.
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Le Phallus. Ici, il devient titillant, et fait rêver à "pattes
d'araignée". La porte tout de guingois, les vieilles planches surmontant
l'huis, jusqu'au cul-de-jatte qui garde 1'entrée, tout est branlant.
Un gros robinet-phallus donnant de l'eau non
potable, sauf pour... les cruches, est foutrement généreux. Cette loge
est discrète de facture, mais non de sentiments.
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La loge de Bretonneau représente un Tonus a la Courdes Miracles, un Tonus présidé par feu Bouffe-ta-Ganem,
ici roi des Truands Le roi boit et se fait ciseler le sceptre par une
rombière des plus tétonnieres. Devant lui un truand en extase rigole sur la
berge d'une jolie fendasse, la propriétaire
du pertuis astique en cadence l'outil d'amour d'un pauvre diable d'uniguiboliste, etc., etc.
(Pour les et cœtera de ce ragoût d'amour,
voyez la gravure fig. 10)
En chef,
vous trouverez les ébats du syndicat des gosses à Bretonneau. Ils sont
d'avis quel'on doit le dire et surtout le faire.
Pour terminer,
voici les gars de Bicêtre.
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Un convoi funèbre, Le personnage qu'on enterre appartient à l'importante
famille des Liliacées. Mais il représente avec peu de charme cette noble
parenté, Même ses cousins, le chevalier de la Tulipe, les barons de
Jacinthe, les marquis de Tubéreuse, tous le dédaignent. Quelques émanants
de la branche puante, type Allium sativum,
fréquentent seuls ses terres. Lui-même n'est qu'un croquant ; quand on
a dit de quelqu'un « C'est un porrum '. »
on a tout dit; pis encore, il est l'image du pauvre type qui attend
sa belle en vain. Il s'ensuit qu'il a un sale caractère, il est tellement
emmerdant que de son nom on a fait le synonyme de verrue ; le plaisir
des autres l'indispose. A l'encontre de cette
brave Fanchon de qui l'on dit joyeusement
Elle aime
à rire, elle aime à boire,
Elle
aime à chanter comme nous...
lui " fait le poireau" et asticote
le voisin gai.
.....
Pauvre voisin gai ! si souvent
splendide cependant, et qui va plus d'une fois. sans pose, jusqu'à risquer sa jeune vie. Témoin l'interne Ravier.
.....
LUI aussi, IL voulut être héroïque : sa bile porracée lui remonta
du bulbe à son feuillage glauque; et voici qu'on l'enterre à Bullier,
en cérémonie somptueuse, avec force couronnes formées de son légume
d'élection. Comme De Profondis, il a la Pompe
à Merde, et une Pompe a Merde bien pompée. Sur tout le parcours, le
cortège est acclamé; la salle vibre des cris : Bravo, bravo ! vive Bicêtre !
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Ainsi est soutenue la bonne chanson qui tant a déplu à l’entérré,
le jour où il oublia que lui-même n'était qu'un laxatif. Ayez donc après
cela, la prétention de vous faire prendre pour une asperge chez les
pauvres gens !
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Ces belles obsèques furent organisées avec la plus grande rapidité. au dernier moment. Beaucoup de Bicestrois étaient dégoûtés du sujet, mais vaillance de Sebileau
surmonta tout obstacle.
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L'interne Koagn et l'externe Lazerne firent la maquette, et le reste, en trois jours.
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En tête du cortège, venait René Martin portant une pancarte
qui annonçait : Bis-être et L'enterrement du fameux légume. Celui-ci est
représente avec un bulbe flasque comme couille malade et ses feuilles
hérissées, telles autant de méchants sabres vert-de-grisés.
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Suit Lazerne, en ordonnateur de la cérémonie funèbre. très chic d'allure et de costume. Puis voilà le clergé: un
gros et gras curé dont l'étole est ornée de la liliacée en question.
Il est entouré d'enfants de chœur vert poireau.
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Enfin le mort dans un cercueil couvert d'un drap noir et porté
par six croquemorts des plus lugubres, gueules verdâtres porraceus et... nez rouges. Voilà aussi une grande couronne funèbre, composée
desdits légumes alimentaires. Fiehrer, transformé
en jardinier des plus pittoresques, sabots et tablier verts, maintient
la fraîcheur de la couronne en l'arrosant avec componction du jet d'un
arrosoir minuscule.
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Derrière, foule plutôt réjouie en la circonstance.
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Ainsi fut opérée à Bullier, la Biscaille,
d'une méchante excroissance verruqueuse, vulgo porreau, dans la nuit
du 28 au 29 juin 1929.
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A la dernière heure, on nous donne un bon tuyau sur les
funérailles-énigme de Bicêtre. II s'agirait tout simplement
et uniquement de la mort, après une longue agonie du soufflage dans
le poireau. Nous nous sommes rendus au syndicat des putains, section des agenouillées,
où le renseignement m'a été confirmé et souligné par un refus très net
de faire une exception. Donc, le poireau est toujours en vit, mais le
soufflage est crevé.
NECKER.
ENFANTS-MALADES. LAENNEC. VAUGIRARD.
Couleurs
: Blanc et bleu
Chanson
: Le trou du cul de la Duchesse de Parme
Thème :
Le Marquis de Sade
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Bien prometteur est ce titre, qui sous-entend une série de jouissances
cruelles et de criminelles voluptés. Le divin Marquis avait la démence bandative. La marotte de ce fou, c'était sa
verge.
.....
Voici le cortège inspiré du sadisme. En avant, deux bannières.
La première, exécutée par l'architecte Herrenschmidt pour Necker représente un coït formidable. Le fouteur, sadique de haute
école, pour obtenir la suprême contracture des sphincters vaginaux (vulgo
casse-noisette), étrangle furieusement sa partenaire Elle rend son ame
par les glandes de M. Bartholin. Le fouteur, lui, jouit comme trois
cochons.
.....
La seconde bannière, celle de Laennec, montre, sur un
fond bleu céleste, un pendu tout vert, dressant comme un paratonnerre
un phallus de la dernière heure. Une pompière est devant, elle a l'air
perplexe, se demandant sans doute si elle sera bien nourrie avec ce
pendu si sec, comme un Américain...
.....
Le pavois de Necker-Enfants Malades représente une Messe Noire. Le bedon
rosé d'une charmante petite femme remplace l'autel. Un gros moine qui
officie communie sous les deux espèces, il bouffe et boit la gente fendasse
de la mignonne, cela avec une telle ferveur que l'on entend les clapotis.
.....
Tout autour de cette manifestation spéciale de piété. grande théorie de moines, moinillons et moinelles.
Chacun s'évertue à exprimer sur soi et sur les voisins de multiples
fantaisies sadiques
.....
Voilà enfin Marquis de Sade, un très charmant externe,
C. Olivier. Son père (un légume) fut autrefois un Bébé rose tres moustachu. Claude a un gros succès d'élégance. Suite
de marquis et de marquisettes aux tricornes
très, emplumés.
.....
On distingue Mlle de Verge en train.
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Arrive le second pavois, la Femme sacrifiée, fantaisie
érotique du divin Marquis. Une bien belle poule, puits d'amour rutilant,
reçoit d'un bon fouteur, le potard Ray, une flagellation de grand style
sadique. Suit une quantité de petits marquis au plus sadiques, s'ingéniant
par gestes et paroles à représenter de parfaits disciples du divin
Marquis.
.....
La loge de Necker (Fig. 11) est jolie de couleur. Sa composition
promettait : malheureusement elle est inachevée comme exécution. Au-dessus,
de l'entrée est un ahurissant, fulgurant et ébouriffant masque du Marquis
de Sade. Ses yeux exorbités, doivent s'emplir d'images suprêmement libidineuses.
Des nuages l'enveloppent, des nuages roses où se distinguent tous les
outils de l'amour poussé à l'exacerbation. A gauche, des adorateurs
du divin Phallus; à droite, une femme pendue par les mains est ballotée sur le champignon d'un robuste gaillard.
LARIBOISIÈRE
ET HOTEL-DIEU. MAISON DUBOlS. BASTION 29
Couleurs : Rouge violet et noir
Chanson
: Le Pere Dupanloup
Thème :
Le père Dupanloup
Priapisme
et Varicocèle
.....
Cet hôpital a obtenu le grand prix de défilé : il le doit
au zèle de son économe, Pellé, et de quelques bons bougres de Laribo.
Admirons, ouvrant la marche, quatre-z-évêques mirobolants, dont Bernard et Georges, qui portent les bannières.
.....
Celle de Lariboisière est l'œuvre de L. de Fonteville
: elle montre M'sieu Dupanloup monté en ballon.
Ses bibelots de reproduction traînent dans l'eau. Spirituellement le
peintre a rappelé un événement récent ; un gros morpion portant le drapeau
américain voyage a l'œil sur une couille de Dupanloup ; c'est Scrieber,
l'indésirable voyageur, caché dans la queue d'Assolant, pardon ! dans la queue de son appareil, venant d'Amérique.
.....
Puis c'est la bannière de l'Hôtel-Dieu par Hervé. Elle est suivie d'un superbe suisse porteur d'une hallebarde
très fantaisiste.
.....
Alors
se déroulent les différents épisodes de la vie légendaire de l'eveque
d'Orleans. Le voici au berceau :
L'Père Dupanloup,
dans son berceau,
Bandait
déjà comme un taureau...
.....
On le voit (Zadoc Khan) dans une petite voiture d'enfant. Il a un si magnifique
braquemart que sa nourrice, tout en poussant la voiture, en profite
et lui joue un petit air de fantaisie sur la tringle. C'est Bernardeau
l'externe qui est cet organiste.
Suit un
pavois important (Hôtel-Dieu). C'est Dupanloup
en chemin de fer :
I-'Pere Dupanloup, dans un Wagon,
Se conduisit comme un cochon
Il
passe sa pin' par la portière
Et
crève un œil à l'garde barrière.
.....
Très curieux le wagon representé.
Il s agrémente du militaire non dégourdi, du curé bedonnant, de la
nourrice bonne tétassière, du commis-voyageur
de rigueur et faisant le malin. Au milieu d'eux, Dupanloup qui sort
un phallus énorme par la portière et crève l'oeil à une garde-barrière
inénarrable.
Et voilà
Dupanloup à la Smalah :
A la prise de la Smalah,
L'Pcre Dupanloup il était là
On l'cherche devant et puis derrière
Il
enculait un dromadaire
.....
Imaginez si le Panloup se trémousse au milieu des chameaux qui sont ici. Les dits chameau sont habillées de bijoux, de colliers, de
babouches ... les nichons, croupes et la petite ogive orientale à tous
les 4-zeph
Arrive le second pavois (Lariboisiere).
C'est Dupanloup en ballon :
L'père Dupanloup monte en ballon,
Mais
il avait l'systeme si long
Qu'à
deux cent metres dans l'atmosphère
Sa pin', ses couilles trainaient par terre
.....
Ce numéro est très réussi. La nacelle où se trouve Monseigneur
Dupanloup (Lerai) est enlevée par de nombreux
petits aérostats. Et toujours cette extraordinaire hypertrophie pénienne
et surtout scrotale grâce à laquelle le porteur arrive a caresser le
sol. Gros succès et acclamations.
.....
Suit « Dupanloup devenu vieux ». Le voilà chenu, courbé, ne bandant
plus qu'une fois sur deux, appuyé enfin sur une canne de voyage. Mais
quelle ? La canne nature, la superbe canne du matin !
.....
Le troisième pavois promène Dupanloup au cercueil (Merger),
avec des cierges phallique et des larmes d'argent, des bittes, sur le
drap noir. Le couvercle de la bière est à ressort, et, mal contenu par
lui, se soulève rythmiquement le membre illustre.
.....
Ce pavois est accompagné d'enfants de chœur et de culs
(Bastion 29). Aussi, des filles de Mari-on, belles filles ayant un voile
blanc sur la tête et rien ailleurs. Parmi elles, les prix de beauté
de tantôt.
.....
Enfin, voilà la vaillante bannière du Bastion 29, œuvre de Jean
Martin, gentil externe du service, dont le zèle et le talent valent
un prix au Bastion, — le plus petit des hôpitaux :
L'Père Dupanloup
au Paradis
Enfilait
la Vierge Marie,
Le bon Dieu, qui le voyait faire,
Se la fit foutre, par derrière.
Zut ! merde ! c'est pas un" raison
Pour que l'Panloup soye un cochon.
Terminons
sur ce cul — ou con — de lampe.
.....
Quant à la loge... Eh bien, voici, Trois heures avant le Bal,
à Bullier même, quelques bons bougres, dans
un effort du dernier moment, se sont efforcés de sauver l'honneur de Laribo-Hôtel-Dieu. Merci à eux !
I.A CHARITÉ
Couleurs
: rouge et bleu
Chanson
: Le grenadier de Flandre
Thème :
LE RETOUR DES MARINS DE CHRISTOPHE COLOMB
.....
Cet hopital précéde heureusement, au
regard des dates, celui de Saint Louis. Il s'occupe, ab ovo de notre
excellente et si lucrative Vérole, près de quoi la découverte de l'Amérique,
a l'estime de plus d'un, se réduit a un intérêt
plus secondaire.
.....
Voici le cortège. En tête, la bannière, qui représente, comme
déjà dit, sortant de l'œuf de Colomb, le lama vérolé ? ?
.....
Derrière, toutes voiles gonflées, arrive l'historique et majestueuse
caravelle, au beaupré bien bandant. Au château-arrière,
se tiennent Daviault et Marius, le bon rapin, avec son tuba de trois mètres.
Ils s'entourent de sauvagesses très emplumées et surtout bien à poil.
Entre nous, elles ne sont pas tellement sauvages : la fin le prouva
foutrement !
.....
A l'avant du bateau, Auguste, Labayru.
en chef Sioux ramené par Christophe Colomb
des Montagnes Rocheuses. Il
a un costume bariolé, et des plumes multicolores dans la tignasse.
.....
Au-dedans de la nef, des esclaves et des sauvagesses transforment
le respectable esquif en bateau de fleurs, ce qui provoque un sacré
tangage.
.....
Derrière le navire, se presse un groupe important de Peaux-Rouges.
A leur tête, Illaire, Chauveau (sans sa pipe!) Schmitte
et Betty, en Peau-Rose. Ils représentent l'Amérique
sèche, les pauvres ! On assure autour d'eux que, s'étant trop pénétrés
de l'esprit de leur rôle, ils n'auraient bu que de l'eau de Vittel.
C'est cependant peu croyable, ce sont lurons à bien se mouiller et remouiller,
n'est-ce pas, Betty ?
.....
Ensuite, Effendi tout à poil et doré comme Loucheur. Et Mammouth
(Henri), un peu indisposé et à qui une opération artificielle doit être
faite d'urgence, peu après, dans les jardins (Service illégal de la
médecine, pratiqué en grande pompe)
Deniker
est absent, mais il s'est rappelé par un bien aimable télégramme ; «
Voeux et don. Regrets ».
.....
Un autre bienfaiteur, Gouverneur, en Bobby-la-Fosse.
Celui-là est donateur d'un jéroboam de Sandeman.
Par antithèse sans doute, il s'est costumé en pirate.
.....
Et c'est Marc Iselin, un dévoué
du Bal, venu tout exprès de Berlin. Il est en Cocktail Rockefeller,
sous le haut de forme étoilé de l'oncle Jonathan. Son falzar est assez
imbibé. Il a fêté superbement son retour et a perdu sa dignité.
.....
Maintenant défile un groupe de marins de Colomb décorés de beaux
chancres. Puis c'est Patte, qui arrive en perm de Mayence pour le Bal.
Peut-être pour rappeler l'uniforme, peut-être acculé par le temps, il
n'a trouvé qu'un costume de chef de gare du P.-O.
.....
Et, — de plus en plus extraordinaire, — on voit Turpin,
nommé récemment des Hopitaux. Se douterait-on
que c'est la première fois qu'il vient au Bal ?... Il est déguisé en
savant en us : grandes lunettes, petit caleçon et souliers vernis.
.....
Pierre Cahen est là aussi, en nègre bon teint, car il est saoul,
noir, noir...
.....
Le cortège est passé. On le suit des yeux. Ce sont des plumes
partout, et encore. Plumes sur les têtes, plumes aux culs... et, au
naturel, sur nombre de perroquets.
.....
Examinons la loge de la Charité. Ses auteurs se sont donné beaucoup de mal ; leur gros labeur ne fut pas récompensé, c'est dommage.
La caravelle de Colomb, la Marie Galante, est équipée en forme de galère
ayant poupe carrée. Ses quatre voiles latines de teinte rougeâtre font
grand effet! Compliments aux auteurs, Marius Charpentier, vieux rapin
des Bals de l'internat, et Daviault.
.....
Indiquons que certains renseignements sur le défilé de la Charité
nous ont été donnés par quelques copains un peu fantaisistes. Nous n'avons
fait que transcrire.
HOPITAL
SAINT-LOUIS
Couleurs
: Noir et or.
Chanson
: Ah l les fraises et les framboises !
Thème :
FRANÇOIS Ier ET LA BELLE FERRONNIERE.
.....
Un héraut d'armes en magnifique costume précède la bannière.
Elle porte en exergue : Les vérolés célèbres. Enson milieu se trouve un globe terrestre en argent; il indique que le monde
entier est tributaire de sainte Vérole.
.....
Au bas de ce gonfanon syphiligraphique, pendent des médaillons
effigies de vérolés illustres. Voici -à tout seigneur tout honneur —
François Ier au long nez fouinard et révélateur. Le second médaillon
offre les traits d'un gros gaillard au nez bourbonien et combatif: celui-là
hérita de son père, atteint d'une castapiana sous Badinguet.
.....
Le fils la chanta : « A Lamalou, disait-il,
le talent de monpère état à son apogée. » Troisième médaillon : le plus
charmant de nos poètes, celui qui magnifia l'amour délicieusement. Il
nous a dit :
.....
Mon verre n'est pas grand, mais je bois dans mon verre
.....
Hélas ! il voulait seulement écarter l'idée d'emprunts littéraires,
mais ce verre, pour la postérité, quel muid d'opale ! Le quatrième médaillon
offre le faciès de Ripolin Ier. C'est une
vérole présidentielle.
.....
Que de médaillons à ceux-là on aurait pu joindre, depuis celui
du saint homme Job, patron des avariés, en passant par ceux de David
et Salomon.
.....
La bannière est suivie de nombreux seigneurs de la cour
de François Ier et de superbes dames. Puis c'est le premier pavois.
On y admire la belle Ferronnière, une vraiment très belle femme. Plus
d'un spectateur ferait près d'elle avec délices -et sans craintes -
son petit François ? Sur le pavois, la dame est brutalisée par l'affreux chicanous son mari. Et dire que c'est Duruy
le charmant interne, qui tient ce rôle ingrat... Quel sacrifice ! Le Ferron pelote sa légitime,il en veut ! mais elle gare ses beaux
nichons et son mignon pertuis. Le cocu rage. Cette année, ce n'est pas
après l'A. P. que Duruy bave de partout, toute sa fureur et après le
trait de scie de sa légitime. Rien a foutre ! c'est
la Mie
du Roi !
.....
Comme vous le savez, le chicanous-cocu de dépit vadrouilla parmi les ribaudes pour piger une chaude vérole
transportée d'Italie, pays de l'harmonie. Il en fit cadeau a
sa belle pute de femme. Celle-ci, en carambolant par la bande, arriva
a coller sur le sceptre royal une splendide
pastille chancreuse. Coup de pied en vache d'avocat qui devint coup
de pied de Vénus pour le Roy forniqueur.
.....
La révélation de cette royale vérole est le sujet du secondpavois.
Le roi François (Garnier) faisant un barboti de ses royaux bibelots en présence de Triboulet, celui-cy de lui gueuler : « Syre, vous l'avez ! » Le
nez du roi devient plus long que sa queue et il murmure :
Souvent
femme avarie,
Bien
fol est qui s'y lie.
.....
Le chancre rutilant éblouit, Triboulet se pâme. Cette scène est
la reproduction intégrale de la vieille fresque de la Salle des Chevaliers,
pavillon Gabrielle, à Saint-Louis.
.....
Après, c'est l'ambassadeur du sultan Soliman. François Ier, toute
honte bue depuis sa vérole, s'était allié avec le Turc,
ce cruel ennemi de la chrétienté. Ce n'était pas tant pour emmerder
Charles-Quint que pour obtenir du grand Turc quelques pilules de mercure,
à seule fin de se soulager des infernales gratouilles qu'il logeait
dans ses brancards.
.....
La suite de l'envoyé de Soliman est de toute magnificence. On
y voit le pacha à neuf queues : Ô la rosace de braquemarts ! Et un grand
mamamouchi offrant tous ses outils d'amour en croissant turc, naturellement.
Aussi un superbe demi homme, Voillemin ; cet eunuque offrait aux chats des dames des coups
de langue comme « ersatz ».
.....
On remarque encore Poumailloux, à poils
et à plumes; mais pourquoi a-t-il un système décimal sur les fesses
? Et Caroli [Beaujon 1930, Saint Louis 1929, Hotel Dieu 1928, Bichat 1926] , qui surgit d'entre l'étau d'une
odalisque, me traite au passage de cochon de voyeur !
.....
Toute cette turquerie est parfaitement réussie, comme d'ailleurs
l'ensemble du Bal de Saint-Louis. Le mérite en revient sans conteste
à Pierre Uhry d'abord, qui a été un animateur
de premier ordre, puis aux courageux fossiles qui l'ont secondé, enfin
à deux peintres.
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Ce pimpant seizième siècle grouille et regrouille dans la belle loge de Saint-Louis, passant et repassant sous les jambes
de François Ier, le mastrubant continuellement de l'épaule ou de la tete (fig. 13).Cette loge eut le premier prix.
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L'honneur en revient à ses auteurs, An-ri
Goumaud et Druard.
Ces deux artistes méritent une chaude félicitation, car leur œuvre est
originale et son grand parti, ne comprenant que les deux principaux
personnages du théme, est fort heureux, la
belle Ferronnière est représentée au début d'un cinquième acte, elle
bécote son royal amant ; en allongeant ses labiaux, elle rappelle singuliêrement et de bien cocasse façon les actuelles négresses à plateau du jardin
d'Acclimatation.
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Mais François Ier reste sombre. Pense-t-il à Charles-Quint? ...
Non, il est taquiné par l'idée fixe : L'ai-je?...
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Cette hantise est exprimée par un gros point d'interrogation
brochant sur les rides anxieuses de son front. ! La fourrure de l'énorme bracquemart roval est agrémentée de morpions qui ont forme de fleurs de
lys. Le dit braquemart étant très en avant, chacun, en passant de donner
de la tête sur son gland. Ainsi l'engin royal prend-il figure du mouvement
perpétuel.
SAINT-ANTOINE,
TENON, TROUSSEAU
Couleurs
: Rouge et jaune relèvé de noir
Chanson
: Sur les bords de la Loire
Thème :
LES MALADES IMAGINAIRES.
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En tête du cortège, la bannière, peinte par Boileau et portée
par Chêne. Elle représente un guignol dont les ficelles sont maniées
par un médecin marron.
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Le premier pavois (Saint-Antoine) montre Argan (Tonino) dans
une chaise roulante, bavant son hypocondrie.
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A ses côtés, Toinette la carogne et Diafoirus
l'immortel (Beaugeard). Derrière, choeurs
des malades imaginaires et de pilons.
Vivat, vivat,
vivat, vivat, cent fois vivat,
Novus doctor qui tam bene parlât !
Mille,
mille annis, et manget, et bibat,
Et
seignet, et tuat !
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Ils sont suivis de médecins de Molière portant leurs attributs.
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Le deuxième pavois est de Tenon. Un accidenté du travail est
représenté superbement par Poumon de Lille : à rendre jalouse une momie
! Le pavois a pour porteurs huit ouvriers accidentés du travail. Il
est accompagné par quatre hommes et femmes sandwichs, par l'inspecteur
d'assurances (Prieur) et... Joséphine Baker.
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Un troisième pavois, La Plaque tournante, est encore de
Saint Antoine. Ici, c'est une malade imaginaire, belle femme à poil,
qui est orientée par un médecin marron (Goudeau) dans cinq ou six directions différentes, vers six
médecins spécialistes munis de leurs instruments spécifiques géants,
spéculum en bec-de-canard, stéthoscope, marteau à reflexes,
un emmerdant rectoscope, etc.
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Ce pavois a huit porteurs, des médecins marrons.
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Voila maintenant le Triomphe de Knock (Lemoyne, un laryn-gogo-logiste).
Il est précédé par un magnifique suisse (Le Baron), brandissant un gigantesque
thermomètre avec lequel il bat la mesure. L'illustre Knock est représenté
assis sur un coffre-fort, il tient en main un Fly-Tox.
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Grande suite de médecins de Molière, de médecins marrons, d'accidentés,
de pilons, de petites femmes, celles-ci atteintes de prurit clitoridien,
les autres de soif inextinguible.
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Le succès de Saint-Antoine est dû en grande partie aux trois
excellents animateurs Brizard, Chêne et Lemoyne.
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La loge de Saint-Antoine (Fig. 14) est l'œuvre magistrale de
l'infatigable Abou. C'est si grand, par sa perspective savante, que
l'on se demande comment cela tient dans Bullier. Mais il faut avouer que le sujet traité se reporte
à la bêtise humaine, qui a elle seule donne une idée de l'infini...
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Merci aux Internes de porter le fer rouge de la satire sur cette
calamité. Il s 'agit des Assurances sociales,
des médecins marrons, en un mot de Knock et compagnie.
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A côté de la loge de Saint Antoine, se trouve son complément
et sa moralité ; la prison de la Santé (Fig. 15.)
COCHIN,
BROUSSAIS, MATERNITÉ, etc.
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C'est pour mémoire que nous parlerons de ces hôpitaux. car ils ont été défaillants, soit en cours, de route, soit en cours d'exécution.
Ne cherchons la cause Je de cette abstention que dans le nombre élevé
des Provisoires faisant les concours. — ces gentils Provisoire au nom
plein d'espérance et d'encouragement, que cette vieille fille d'A. P.
appelle maintenant Externes en premier (Pourquoi pas adjupettes ?) Quant au titulaires ils semblaient tous bien
désabusés.
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On avait choisi, le croirait-on, le thème du cortège : l'Olympe à l'Hôpital.
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Un seul hôpital a eu le courage ou l'honneur de secouer l'indifférence
coupable de Cochin. C'est Broussais, qui a exécuté une grande loge (Fig.
16). Par malice, son nom seul y figure. La loge n'en fut pas moins le
refuge de Cochin et de ses satellites.
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L'érection de la loge de Broussais est due aux courageux
internes Langlois et Jehiel, Dupuy et Robert Castéran.
Ces bons redresseurs furent secondés par les artistes Martinière,
Cuzol el Boutin. S'inspirant du thème choisi
et non réalisé, il font figurer les dieux malades. Ab Jove principium : il est au centre, agrémenté d'une hydrocèle. A sa gauche, Neptune,
atteint du mal de mer, dégueule à profusion sur Priape atteint, lui,
du mal de père : son priapisme est splendide. A droite de Zeus, Venus
avec son collier : elle envoie à Mars son fameux coup de pied. Mars
l'écoule alla militare.
En bas,
de chaque côté de la porte, nouvelle priapée.
C'est la
mise en action de la quatrième strophe de la chanson de Cochin, Le Plaisir
des dieux :
Après l'dessert, on s'encule en couronne.
Enculons-nous,
c'est le plaisir des dieux.
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Apres, le défilé du dernier cortège, on décerne des prix aux
bannières. Et s'ouvre un concours de pomponette devant la loge du Comité. Un gros tonneau trône,
son robinet pisse du pinard. Le vin est bon, mais comme des buveurs
sont déjà fortement imbibés, il se produit un arret.
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Le calme momentané est rompu par des hurlements. Un réclame l'attribution
des prix de beauté, car le vin est l'apéritif bandatif
par excellence, et comme le dit Diodore de
Sicile : Messer Priapus feust filz
de Bacchus et de Venus.
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Tous, sur le cul, font face à la loge exibitionniste.
Acclamations frénétiques devant l'éblouissement de l'a-poil.
Les petites femmes montent et remontent sur le perchoir, montrant avec
grâce beaux nichons, chats plus ou moins d'Angora, puis des clartés
de belles lunes bien divisées. L' incertitude des votes fait durer le plaisir longtemps.
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Les prix de costumes sont discutés à la suite.
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Et l'on revient à toutes gueules au bon vin de la pomponette.
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Après l'exposition, hôpital par hôpital, du Bal de 1929, que
l'on nous permette d'en juger l'ensemble. les idées et tendances, comparativement à ceux des Bals anciens que nous
avons tous connus. Une observation tout d'abord : nous avons entendu
chaque année, exprimée par nombre d'internes et meme d'externes, les invités, la meme jérémiade
: « le Bal est foutu. Il n'y en aura plus». Il faudrait tout de même
s'entendre. Comme je l'ai déjà dît : autrefois avant la guerre, il n'y
avait que trois ou quatre cortèges.
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L'année dernière, il y en eut neuf. Cette année on dut souder
entre eux les cortèges de divers hôpitaux. Toujours, ici ou la, il s'est
produit des défaillances et cela ne prouve rien pour l'ensemble. Le
Bal se porte à merveille et fait la nique aux pessimistes. Son originalité
existe toujours; plus que jamais la gaité
folle et le satire y mènent un branle endiablé.
Personne n'oubliera les corteges de Dupanloup
et Knock. L'art decoratif est en progrès, témoin la loge de Saint-Louis, si
bien composée, et celle de Saint Antoine par l'ébouriffant Abou, loge
qui bouffait tout.
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Notons encore la caravalle de la Charité, curieuse de recherches et de particularites.
N'oublions pas Broussais, qui réalisa un thème ardu.
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Enfin, la salle de bal n'est-elle pas comble ? Devant ce fait
probant, comment ne pas affirmer que le Bal de l'Internat ne dégénère
pas.
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Ne le quittons pas sans regarder encore autour de nous.
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Tout là haut, les galeries ont été transformées en loges ; elles
offrent aux belles curieuses que la cohue effarouche la plus parfaite
tranquillité Nous y distinguons de ravissants costumes et de bien jolis
minois.
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Nous voyons dans la salle, au hasard des rencontres, Sylvain
Blondin et sa délicieuse jeune femme, le Dr Genty
et sa non moins gentille épouse. M. et la belle
madame Bailly. Puis ce bon Trilleau, le peintre graveur, un fidèle du Bal depuis près
d'un demi-siècle : le voilà bien, avec sa trompe... de chasse. Et deux
charmants bohèmes, le comte du Passage et madame.
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Encore, transformant en un courant de vibrante sympathie le vent
de folie qui l'entoure. la toute gracieuse
et spirituelle G. D. S., en qui tout l'Internat salue affectueusement
l'ancienne collègue.
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Parmi les Patrons dont la présence honore l'Internat, nous regrettons
bien de ne pas trouver Coutela et Flandin, les grands amis du Bal. Espérons
que l'an prochain les ramènera.
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La rencontre dans la loge de Broussais de Robert Castéran nous fait regretter aussi l'absence de son frère Maurice, qui fut longtemps
un précieux organisateur de la fête de l'Internat.
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Nous sommes heureux, maitenant de rendre
un hommage reconnaissant aux dévoués du Bal. C'est Isabey, le photographe
du monde médical, le cher artiste qui dépense et dispense ici si gracieusement
son talent. C'est Jarraud, le bon copain, qui a brillé parmi la police écarlate.
C'est Dronne, le menuisier de la Faculté, que Cochin tout spécialement
doit remercier.
Nous aurions
mauvaise grace à ne pas témoigner aussi de
notre gratitude au Dr Moreau, patron de Bullier,
le fidéle ami des étudiants en médecine.
Que l'on nous autorise encore, avant le départ, à jeter
un coup d'oeil indiscret dans l'alcove de Bullier, le jardin. Soyez
rassurés, les moralistes de la conférence; il y fait tout à fait noir,
notre coup d'oeil est vain. Seulement peut on le dire ? ... notre oreille
en perçoit davantage. Que de joyeux susurrements sous les frondaisons
du jardin ! aussi dans celles de belles jeunes
filles. Ah ! que de feuilles de vigne doivent
s'éparpiller sur les gazons.
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Et enfin, une fois de plus, nous nous joignons aux jeunes Externes,
pour remercier chaleureusement les Internes qui ont contribué à la Fete corporative des étudiants en médecine. N'oublions pas de dire que les
bénéfices réalisés en cette occurence s'en
iront directement à la caisse de la Bibliothèque Centrale de l'Internat.